Rechercher
  • Lionel VARGEL

Le digital, un nouvel Eldorado ?

La ruée vers le digital

Plus de cent soixante-dix années après la ruée vers l’or, c’est un tout autre objet de convoitise qui semble pointer le bout de son nez en cette période si particulière. La culture du numérique et le digital en général sont aujourd’hui au cœur des préoccupations de beaucoup d’acteurs du monde professionnel. Cette période si particulière aura eu au moins une vertu en la matière, celle d’accélérer un mouvement déjà existant depuis de nombreuses années mais qui buttait encore sur plusieurs écueils.

Cette digitalisation de notre économie, tout d’abord portée par certains de ceux qui sont devenus les grands acteurs du digital de notre époque (aujourd’hui toujours controversés pour de bonnes et de mauvaises raisons), ont d’abord du convertir une génération de consommateurs avant qu’ils ne s’attaquent avec d’autres et avec succès au monde professionnel. La preuve de concept est depuis longtemps déjà largement faite et la société à basculé finalement assez rapidement dans l’ère du numérique portée par la quatrième révolution industrielle et boostée par les nouvelles générations qui ont adopté les outils et créé les nouveaux usages avec une facilité déconcertante.

Des freins d’ordre générationnel, une question de pouvoir et de survie et des modèles économiques historiques qui faisaient jusqu’il y a peu de temps, encore leurs preuves.

La fracture numérique encore existante au sein de nos territoires mais en forte réduction, ainsi que l’incapacité pour certaines générations de se convertir à de nouveaux usages, de nouveaux outils, de nouvelles façons de faire et de comprendre les codes propres aux nouvelles générations, ont fortement réduit la vitesse de transformation du monde du travail. La non volonté de certains Managers et dirigeants, leur obstruction systématique face à l’innovation, ont été un élément important de résistance au changement dans les organisations.

Une résistance souvent calculée et voulue pour une question de pouvoir ou de survie face a une vague finalement inéluctable. La culture du conformisme a eu la dent dure et l’adage « ce qui marchait il y a dix ans marche encore très bien aujourd’hui et marchera encore longtemps » a hanté jusqu’il y a encore peu les réunions stratégiques ou managériales. Force est de constater aussi que beaucoup d’entreprises n’ont eu jusqu’au début de cette année 2020 aucunes raisons évidentes ni vraiment valables de vouloir changer quoi que ce soit à leur stratégie et de faire évoluer leurs modèles économiques en intégrant une culture forte du numérique et de l’innovation au sein de leur organisation. Leur croissance, leurs résultats et leur vision du futur plaidaient indiscutablement en leur faveur.


Mais en quelques semaines, une particule microscopique infectieuse à balayé tout ceci d’un simple revers de manche. Nous l’avons tous lu et surtout vécu ces dernières semaines, les vertus du télétravail, conséquence directe de cette crise sanitaire mondiale, mais aussi ses travers ont pu être testés à une échelle que personne n’aurait pu espérer ni même imaginer. Une des conséquences immédiate de ce test en grandeur nature est l’annihilation des arguments propres aux oripeaux du management à l’ancienne qui ont perdu énormément de terrain sans être totalement éradiqués. Il va très certainement rester quelques combats à mener, quelques foyers de résistance à éteindre pour pouvoir finaliser la bascule mais il est certain que le monde a changé et que les curseurs ont déjà fortement bougé.


Un eldorado qui va se mériter

Toute révolution ouvre de nouveaux horizons, crée de nouvelles perspectives mais se bâtit sur la déconstruction d’un monde ancien dont les fondamentaux finissent par disparaître avec le temps. Le chemin qui mène à l’eldorado du digital est quant à lui semé de très nombreuses embûches qu’il va falloir savoir et pouvoir surmonter. Pour ceux qui auront décidé de mener cette quête, au bout du chemin parcouru par chacun, il sera pour la plupart très souvent question de survie et parfois pour d’autres, question de richesse. La différence entre les premiers et les derniers sera une question de croyance des dirigeants dans le sens qu’ils mettent dans cette transformation, des moyens qu’ils décideront de mettre en œuvre pour celle-ci, de la vitesse d’exécution et de leur capacité à se faire bien accompagner. Par ailleurs, nombreux seront ceux qui décideront parfois malgré eux de ne pas franchir le pas. Il convient de ne surtout pas leur jeter la pierre et peut-être continuer à essayer de les convaincre par l’exemple des succès constatés en la matière, leur démontrer que l’effort en vaut peut-être la peine.

Mais il est certain qu’ils ne bénéficieront pas de l’effet d’aubaine incontestable que va produire ce changement majeur dans nos modèles de consommation. Et comme en toutes choses, il ne s’agit pas de passer du noir au blanc, de la nuit au jour, tout peut et doit se faire pas à pas et en fonction du contexte de chacun. Chaque modèle, chaque contexte qu’il soit économique ou social devra être pris en compte pour mesurer la dose de culture numérique qu’il sera pertinent de mettre en œuvre. Ce qui est par contre indiscutable, c’est que ce que nous sommes en train de traverser depuis quelques semaines a permis une grosse prise de conscience chez beaucoup d’entrepreneurs et de dirigeants sur l’absolue nécessité de réagir rapidement. Soit il est question de survie, soit il est question de mettre en œuvre une stratégie offensive pour gagner face à la concurrence. Du coté des utilisateurs, la donne est différente, l’après-crise sera sans aucun doute un moment compliqué pour beaucoup de chefs d’entreprises et de Managers qui devront se confronter à une nouvelle réalité du monde du travail et avec laquelle ils seront obligés de composer. Le retour en arrière est inconcevable, de nouveaux usages viennent de voir le jour et ne sont pas près de disparaître.

La bonne méthode, les bons outils, le bon accompagnement

Comme tous bons prospecteurs à l’époque de la ruée vers l’or, en tous les cas ceux qui ont trouvé la bonne fortune au bout du chemin, les entreprises qui souhaitent opérer une véritable transformation digitale de leurs organisations doivent se préparer avec rigueur et méthodologie et ne pas se précipiter. Elles doivent avoir préalablement défini une stratégie claire pour trouver le bon filon. Elles doivent ensuite se doter et doter leurs équipes et leurs organisations des bons outils pour pouvoir l’extraire et ensuite investir les moyens nécessaires pour permettre sa meilleure exploitation économique. Appréhender la transformation digitale de son organisation n’est pas chose facile et ne peut ni ne doit se faire dans la précipitation au risque de produire plus de dégâts que de pouvoir en tirer les bénéfices attendus.


La clé du succès est donc dans la transformation qui doit être menée avec discernement et méthodologie. Cette transformation passe indiscutablement par l’acceptation pour les dirigeants et les Managers qu’à ce propos, ils ne savent pas mais qu’il est indispensable de savoir trouver et de s’entourer de ceux qui savent. La bonne nouvelle dans tout ceci est qu’il existe aujourd’hui sur le marché beaucoup de compétences confirmées dans l’ensemble des métiers du numérique et qu’ils seront de plus en plus nombreux dans les années à venir. Pour les Managers et les dirigeants qui décideront de franchir le pas, il ne leur reste plus qu’à s’associer les services de personnes qui feront le lien entre les deux mondes, celui d’avant dont ils souhaitent s’éloigner tout en gardant ce qui doit l’être (le meilleur) et celui d’aujourd’hui dont les profils sont encore trop jeunes ou plutôt pas assez expérimentés. Une longue et fructueuse vie professionnelle s’offre donc aux rares consultants expérimentés en la matière qui sauront faire ce lien avec pragmatisme et efficacité.

8 vues0 commentaire